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Je sors de prison

Dernière mise à jour : 8 févr. 2024

Aujourd'hui, je peux dire : "Je sors de prison". Après avoir subi une commotion, il est courant de se sentir emprisonné mentalement. Nous faisons face à divers symptômes qui peuvent considérablement affecter notre vie quotidienne. L'un des aspects les plus marquants de cette situation est le sentiment d'impuissance, comme si nous ne pouvions rien faire d'autre que regarder les feuilles tomber.


Imaginez-vous au cœur de l'automne, lorsque les feuilles multicolores commencent à se détacher des arbres et à flotter gracieusement vers le sol. Normalement, cette scène évoque une sensation de tranquillité et de nostalgie, mais pour quelqu'un souffrant d'une commotion cérébrale, elle peut devenir le seul spectacle auquel il peut réellement prendre part. Je l'appelle "Faire la plante verte". Tous les types d'écrans sont interdits, que ce soit la télévision, la tablette ou le téléphone portable. Aucune activité physique n'est autorisée, il faut rester assis et écouter des podcasts ou la radio. Cela nous ramène à l'essentiel de la vie.

Une commotion cérébrale est une blessure traumatique qui survient après un violent impact à la tête, provoquant ainsi un choc important au cerveau. Les conséquences de cette blessure peuvent être dévastatrices et variées, allant de maux de tête intenses à des problèmes de vision, de locution, de coordination motrice et de vertiges. Lorsque nous en sommes victimes, il nous est très difficile de nous concentrer, de penser clairement ou même d'accomplir des tâches simples. Mais il y a aussi des symptômes moins évidents qui peuvent nous donner l'impression d'être emprisonnés dans notre propre corps.

La fatigue, par exemple, devient un symptôme difficile à gérer. Elle peut être frustrante et donner l'impression que nous sommes incapables de fonctionner normalement. S'ajoutent à cela des problèmes de sommeil. Dans cette réalité, une personne touchée par une commotion peut se retrouver incapable de participer activement à sa vie quotidienne. Les tâches habituelles qui semblaient si simples deviennent soudainement des défis insurmontables. Lire un livre, travailler sur un ordinateur, écouter de la musique ou même avoir une conversation peuvent devenir épuisants, voire impossibles.

L'anxiété et la dépression sont également fréquentes après une commotion. Une personne peut se sentir déprimée en raison de la douleur, des difficultés physiques et des changements dans sa vie quotidienne. L'anxiété peut également survenir en raison de l'incertitude quant à la durée des symptômes et à leur impact à long terme sur la vie. Tous ces symptômes peuvent contribuer à l'impression d'être prisonnier dans sa propre tête. On peut avoir l'impression de ne plus avoir le contrôle sur sa vie et ses émotions. On peut aussi avoir l'impression que personne ne comprend ce que l'on ressent et traverse, car en apparence, on a l'air en bonne santé. La présence et le soutien de la famille et des amis prennent tout leur sens. Ils jouent un rôle crucial en apportant un soutien émotionnel, en offrant une épaule sur laquelle s'appuyer et en rappelant à la personne qu'elle n'est pas seule dans son combat. Savoir que l'on peut compter sur des personnes aimantes et bienveillantes peut aider à soulager le fardeau émotionnel qui accompagne souvent une commotion. Mon objectif en écrivant cet article est de sensibiliser davantage aux symptômes d'une commotion, une blessure ou une situation neuropsychologique passagère encore largement méconnue. Les gens ne peuvent pas comprendre tant qu'ils ne l'ont pas vécue eux-mêmes ou qu'ils n'ont pas été confrontés de près ou de loin à un proche ou à un ami. Dans mon cas précis, j'ai fait une chute en juillet 2022. J'ai trébuché entre mon patio et mon spa, me retrouvant face contre terre sur le patio. Ma bouche et mon menton ont été les plus touchés. Ayant déjà subi une commotion auparavant, j'ai pleuré en me disant : "Non, non, pas encore !" Évidemment, ma bouche s'est ouverte et a saigné, entraînant beaucoup de douleur à la mâchoire. Malgré cela, j'ai bravement continué et je suis allé travailler comme prévu à Montréal le lendemain pour une importante réunion. En voiture, j'ai réalisé que ma bouche ne s'ouvrait pas très bien, rendant difficile la consommation d'une banane ou même la prise de mon café... Pour faire court, j'ai travaillé toute la semaine avant de partir en vacances pendant deux semaines. À mon retour au travail, j'ai été frappé de plein fouet ! Une heure de travail et j'étais épuisé. Je n'avais plus aucune énergie ou force dès que mon cerveau se mettait en action. J'ai donc consulté un médecin qui m'a immédiatement prescrit un arrêt de travail. J'avais une locution de la mâchoire, une entorse cervicale, une commotion et des problèmes musculaires aux yeux. C'était le début du "combat". J'ai consulté la Clinique Cortex, avec toute une équipe de spécialistes : physiothérapeutes, spécialiste en vestibulaire, kinésiologues, neuropsychologues, chiropracticien-neurologue sans oublier mon médecin traitant ! Mes symptômes étaient nombreux : dépression, manque d'envie de m'endormir le soir car je n'avais pas hâte au lendemain et difficultés à me lever le matin, fatigue extrême, problèmes de sommeil, maux de tête nécessitant la prise de neuf Advils par jour, difficultés de concentration, cognitives, de locution et vertiges. Dix mois plus tard, je commence enfin à voir la lumière au bout du tunnel. Je retrouve peu à peu ma vie normale. Je travaille de plus en plus sur l'ordinateur, j'améliore mon sommeil, ma condition physique et ma santé mentale, ou plutôt ma cognition !

Je dirais que cela demande beaucoup de résilience. La motivation ? Nous ne l'avons pas nécessairement. Mais il suffit de rester positif, car il s'agit d'une blessure qui guérit plutôt que d'une maladie. Il est important d'apprendre à trouver des hobbies adaptés à notre processus de guérison. Par exemple, j'ai acheté un chiot en octobre, ce qui m'a fait énormément de bien car il occupait mon esprit pendant la journée, bien que les nuits n'aient pas été très reposantes ! J'ai ensuite commencé à écouter des podcasts sur la pensée positive et l'abondance, par la suite une amie m'a parlé du site "Gaïa". C'est un peu comme Netflix, mais plus axé sur le développement personnel et spirituel. Ce site a été une bénédiction pour moi ! J'ai recommencé à travailler sur ma pensée positive, à développer ma personne et à méditer. J'ai découvert "Dr. Joe Dispenza" sur cette plateforme, et cet homme a changé ma vie. Je pourrais l'écouter pendant huit heures d'affilée sans me lasser ! Il a une façon de nous aider à nous centrer sur le positif, sur le moment présent et sur notre avenir. Il nous aide à ne plus ressentir les mauvaises énergies du passé. En somme, il nous encourage à nous concentrer sur tout ce qui est positif en général, et c'est ce que tout le monde devrait faire. Je vous encourage vivement à rechercher son nom sur YouTube, où vous trouverez plusieurs vidéos qui sauront vous motiver, croyez-moi !

Désormais, je laisse tout cela derrière moi, mais il est important de comprendre que pour ceux qui ont subi une commotion, la situation n'est pas facile. Souvent, les autres pensent que nous nous portons très bien, alors que derrière notre sourire radieux se cache probablement une grande souffrance. Quand je repense à ces moments où mes pensées étaient embrouillées, où l'épuisement mental prédominait, je me rends compte qu'il y avait quelque chose de réconfortant dans la simplicité de regarder les feuilles tomber. C'était un rappel que la nature suit son cours, indépendamment de nos propres combats et de nos limitations temporaires. Les feuilles tombent en silence, sans rien attendre en retour. Elles invitent à la patience, à l'acceptation et à la contemplation silencieuse.



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